Le Burundi entame officiellement la course à l’élection présidentielle de 2027, avec un appel à une mobilisation massive de la population lancé par le président Évariste Ndayishimiye. Lors du lancement de la campagne d’éducation électorale, mercredi 22 avril, au stade Ingoma de Gitega, la capitale politique, le chef de l’État a souligné l’importance d’un processus électoral « ordonné, sécurisé et porté par les citoyens eux-mêmes », insistant sur la nécessité de renforcer la participation citoyenne dans cette étape cruciale.
Ce lancement marque le coup d’envoi officiel des préparatifs pour un scrutin qui s’annonce déterminant pour l’avenir du pays. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a indiqué que les préparatifs avancent à grands pas, avec un budget déjà alloué et un calendrier précis, témoignant de la volonté des autorités de respecter les délais et d’assurer la transparence du processus.
Selon Prosper Ntahorwamiye, président de la CENI, des formations sont déjà en cours pour les acteurs clés du processus : forces de défense et de sécurité, magistrature, responsables des partis politiques, ainsi que des journalistes. La mise en place des commissions électorales indépendantes au niveau communal et provincial constitue également une étape essentielle pour garantir la crédibilité du scrutin.
Le président Ndayishimiye a toutefois insisté sur le coût élevé de ces élections, estimé à plus de 80 milliards de francs burundais, et a souligné que ces ressources représentent une charge importante pour les finances publiques. Dans un contexte où le gouvernement vise à accélérer la mise en œuvre de ses objectifs de développement à horizon 2040 et 2060, il a appelé à une gestion plus rationnelle des fonds, tout en encourageant une implication accrue des citoyens dans le financement du processus électoral.
Pour réduire les coûts, le chef de l’État a évoqué des mesures innovantes, notamment l’utilisation de pagnes comme isoloirs, une solution symbolique mais aussi économique. Il a suggéré que ces ressources financières pourraient être mieux utilisées ailleurs, notamment dans le domaine de l’éducation, en finançant la construction d’écoles à régime d’internat dans les 42 communes du pays.
Ce discours a relancé le débat national sur la transparence, la participation citoyenne et la gestion des fonds publics lors de cette étape clé. Si le Burundi veut assurer une élection crédible et apaisée, la mobilisation citoyenne, la transparence dans la gestion des ressources et la réduction des coûts seront autant d’enjeux à relever dans les mois à venir.
Les acteurs politiques, la société civile et la population se mobilisent donc pour accompagner ces préparatifs, conscients que le scrutin de 2027 pourrait marquer un tournant pour la stabilité et le développement du Burundi. La question reste ouverte : comment garantir un processus électoral inclusif, transparent et économiquement viable dans un contexte de défis socio-économiques ? La réponse dépendra de l’engagement de tous, dans une optique de stabilité et de progrès pour le pays.
La Rédaction



