La situation environnementale et sanitaire du quartier Muanantunu, dans la commune de Selembao à Kinshasa, est devenue critique. Ce samedi 18 avril 2026, les habitants ont exprimé leur désespoir face à l’envahissement récurrent de leurs avenues par des eaux usées, une crise aggravée par la proximité de la prison centrale de Makala.
Le quartier souffre d’un système de drainage défaillant, incapable de faire face aux précipitations. À chaque pluie, les eaux de ruissellement, mêlées aux résidus issus des installations du centre pénitentiaire, se déversent massivement sur l’avenue Kitchangi et infiltrent les parcelles environnantes. La situation devient de plus en plus insoutenable, mettant en danger la santé des habitants.
Le docteur Danny, médecin en santé publique, tire la sonnette d’alarme : « Le risque de propagation du choléra est imminent. Ces eaux ne sont pas de simples eaux de pluie ; elles transportent des vibrions cholériques et des germes issus des latrines de la prison. En plus du choléra, les riverains s’exposent à la fièvre typhoïde, à l’amibiase et à des infections cutanées graves. Sans intervention urgente sur le collecteur de Makala, Muanantunu risque de devenir un foyer épidémique majeur. »
Cette menace sanitaire s’accompagne également d’un volet économique. Des témoignages locaux rapportent que certains individus profitent de l’absence d’action publique pour monnayer l’accès aux passages ou orienter les eaux, parfois contre des sommes allant jusqu’à 500 000 francs congolais.
Les habitants, exaspérés, interpellent les autorités urbaines pour une intervention immédiate : nettoyage des collecteurs, gestion responsable des évacuations de la prison, et mesures pour empêcher la propagation des eaux souillées. Benjamin, un résident, témoigne : « Nous sommes inondés par les eaux qui sortent de la prison. Après le nettoyage, tout ce mélange arrive ici dès qu’il pleut. L’avenue est totalement sous l’eau et cela pénètre même dans nos maisons. »
Face à ce calvaire quotidien, le silence des autorités fait craindre une dégradation irréversible de la santé publique. La responsabilité incombe désormais à l’exécutif provincial de Kinshasa de prendre des mesures concrètes pour soulager ces familles, dont le quotidien est marqué par la menace constante des eaux usées. La crise sanitaire de Muanantunu exige une réponse immédiate et durable.
La Rédaction



