Lors de la commémoration des massacres de Nyanza/Kicukiro, organisée ce samedi dans la ville de Kigali, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a exprimé la profonde déception du Rwanda face aux récentes sanctions américaines ciblant des hauts gradés de l’armée rwandaise. Ces mesures, prises début mars par le Département du Trésor américain, ont suscité une vive incompréhension à Kigali, qui qualifie ces sanctions d’« injustifiées » et « déstabilisatrices ».
« Cela nous attriste », a déclaré Nduhungirehe, soulignant que ces sanctions touchent des figures qui ont contribué à la stabilité du Rwanda, notamment dans la lutte contre la haine et les génocidaires. Selon lui, ces officiers ont joué un rôle déterminant dans la fin du génocide de 1994, en opposant une résistance farouche aux forces qui cherchaient à exterminer la minorité tutsie. Il a insisté sur le fait que ces personnalités ont œuvré pour la paix et la réconciliation nationale, et que leur implication dans la défense du pays ne devrait pas être remise en question.
Le ministre a également rappelé que Kigali ne comprend pas la logique derrière ces sanctions, qui destinent selon lui à fragiliser la stabilité régionale. La position officielle du Rwanda reste ferme : la présence de ses forces dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est une mesure de défense contre la menace persistante de la coalition des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Ces groupes, issus notamment des anciens génocidaires, avaient trouvé refuge en RDC, et Kigali affirme agir pour protéger ses citoyens et prévenir une résurgence du génocide.
Les autorités rwandaises répètent que leur intervention dans l’Est congolais est strictement défensive, visant à neutraliser ces groupes armés, et non une ingérence dans les affaires internes de la RDC. Cependant, Washington voit cette présence comme une violation de la souveraineté congolaise et a décidé de sanctionner certains officiers rwandais, ce qui a exacerbé la tension diplomatique entre les deux pays.
Cette situation intervient dans un contexte régional tendu, où la question de la stabilité dans la région des Grands Lacs reste préoccupante. Kigali insiste sur le fait que ces sanctions ne font que compliquer la coopération régionale et la recherche de solutions pacifiques aux conflits en cours.
Pour Kigali, il est crucial que la communauté internationale comprenne la légitimité de ses actions et la nécessité de lutter contre les groupes génocidaires, tout en appelant à un dialogue constructif avec Washington. La position de Kigali demeure inchangée : la sécurité nationale du Rwanda ne peut être compromise, et toute tentative de dénigrer ses efforts sera fermement contestée.
En conclusion, Olivier Nduhungirehe a réaffirmé que le Rwanda reste engagé dans ses efforts pour la paix et la stabilité, tout en dénonçant ce qu’il considère comme une ingérence injustifiée. La diplomatie rwandaise espère que ces sanctions, qui ont provoqué une onde de choc dans la région, seront rapidement réévaluées, afin de favoriser un climat de coopération constructive pour la paix durable dans la région des Grands Lacs.
La Rédaction



